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Le territoire, espace stratégique du XXIème siècle

  • Alain PONCET
  • 4 août 2023
  • 2 min de lecture

Dans un récent article de la revue Orée, Guillaume Dhérissard, Directeur de Sol et Civilisation présentait sa vision des territoires au XXI ème siècle.


Sa réflexion est totalement en phase avec la logique développée par Boost-Terr. Nous la reprenons ici dans son intégralité.


La notion de territoire est ancienne. Du latin « territorium », terre appropriée, le territoire désigne classiquement une portion d’espace occupée et gérée par une communauté humaine.


C’est un lieu singulier et reconnu comme tel, délimité par des frontières et organisé par un pouvoir. Le territoire est ainsi à la fois le support d’une identité collective et le cadre structurant d’une société. Pendant longtemps, on a pu le confondre avec le fief, la seigneurie, la contrée ou la région.

Néanmoins, en ce début de XXIe siècle, avec la mondialisation, l’accroissement des mobilités et la circulation des idées et des cultures, la notion semble perdre en substance. Les frontières sont devenues poreuses, le monde est devenu plat, traversé par des flux de toutes sortes si bien que le village, point fixe du « territorium », serait désormais planétaire. Le territoire s’effacerait ainsi peu à peu, étant tiraillé désormais entre le local et le global, le proche et le lointain.



Le territoire réapparait comme un espace nécessaire pour affronter aux bonnes échelles les défis du siècle


Et pourtant, depuis quelques années, la notion retrouve une autre consistance. Dans ce monde désormais fluide, ouvert et connecté, le territoire réapparait comme un espace nécessaire pour affronter aux bonnes échelles les défis du siècle : gérer avec pragmatisme l’environnement, retrouver des solidarités actives et du sens collectif, gagner en compétitivité en partageant idées et compétences.

Ce territoire n’a néanmoins plus les caractéristiques du « territorium » d’antan. Avant d’être clos, le territoire est avant tout un espace de projets au périmètre fluctuant. Avant d’être un espace figé, il est davantage une émergence qu’une donnée. C’est donc désormais, dans la matrice du monde, un espace d’interactions pertinent pour agir ensemble, plus qu’un lieu imposé. En d’autres termes, le territoire « géographique » s’efface au profit d’un territoire davantage « stratégique ».

Ce renversement ouvre de nouvelles questions. Plutôt que des frontières et des pouvoirs, il faut désormais organiser des gouvernances. Plutôt qu’organiser une solidarité imposée, il faut savoir co-construire l’ambition qui nous relie et inventer de nouveaux ressorts de coopération.

Les entreprises ne sont pas sourdes à ces évolutions. La mondialisation a bien sûr modifié leur rapport à l’espace et réorienté la nature de leur ancrage aux sols. Néanmoins, depuis longtemps, elles ont investi ce territoire stratégique. L’exemple des districts industriels italiens est un exemple illustre de coopération horizontale fructueuse. Celle-ci s’est déclinée à l’infini sous d’autres horizons avec les clusters ou autres pôles de compétitivité.

Aujourd’hui, à l’heure de la responsabilité sociétale, de l’open innovation ou encore de l’économie circulaire, il devient plus que jamais un terrain pour créer de nouvelles valeurs. Le retour du « territoire » est donc une tendance lourde. Sa réapparition révèle sous un angle neuf la nouvelle boussole de nos sociétés désormais convaincues qu’il n’y aura pas de développement durable sans espace de co-action concret.




 
 
 

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